La Constitution algérienne définit « l’islam, l’arabité et l’amazighité » comme « composantes fondamentales » de l’identité du peuple algérien et le pays comme « terre d’Islam, partie intégrante du Grand Maghreb, pays arabe, méditerranéen et africain ».
L’Algérie est reconnue généralement comme le second pays francophone pour le nombre de ses locuteurs, et pourtant elle ne fait pas partie de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Cette situation peut sembler étonnante, mais au-delà de la langue, elle traduit la profonde ambivalence de l’Algérie par rapport à la France, une ambivalence que plus de quarante années d’indépendance ont peu fait évoluer. Toutefois elle n’est pas surprenante de la part d’un peuple qui a subi une longue colonisation de cent trente ans, a été victime d’une profonde dépossession identitaire et qui peine à se forger une identité propre. C’est l’attitude d’un pays qui a été modelé par la France mais maltraité par elle, qui s’y est attaché partiellement tout en se sachant autre par le lien à sa religion, à ses langues, à sa terre. Dans cette relation ambivalente vis-à-vis de la France, la langue française occupe une place particulière. Au-delà de sa fonction d’outil linguistique elle symbolise en Algérie l’ambiguïté des relations avec l’ancien colonisateur. C’est ce qui rend la question complexe d’autant plus que la relation des Algériens à cette langue française implique leur relation à leur propre pouvoir politique et concerne ainsi la question de sa légitimité.
Le français est la langue du pouvoir en Algérie, mais non officiellement, dans la dénégation. Son utilisation engendre une sorte de mauvaise conscience de colonisé, voire de traître . Les cadres supérieurs et les divers responsables d’une administration travaillant en langue française ne purent s’opposer à son remplacement par la langue arabe. S’opposer à l’arabisation était tabou et la seule transaction possible était de prôner une arabisation progressive dans le cadre d’un bilinguisme temporaire.
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